Le SNPDEN a largement été à l’origine de la politique visant à élargir le recrutement social des CPGE comme de la mise en place d’APB (Admission-postbac) qui a permis plus de lisibilité. Hélas, déjà l’an passé, le SNPDEN avait dû intervenir auprès du cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur qui avait tenu des propos d’une rudesse inutile au sujet des établissements qui peineraient à atteindre l’objectif (alors de 25% de boursiers). Le SNPDEN avait notamment fait remarquer qu’un établissement pouvait tout à fait avoir respecté cet objectif lors du traitement des dossiers sans que cela ne se retrouve à toutes les étapes ultérieures de la procédure. Cette année, les établissements où l’objectif de 30% n’est plus atteint lors des phases de simulation (ce qui ne signifie pas qu’ils ne l’avaient pas respecté) en ont été avertis par un courriel menaçant (auquel se sont ajoutées des relances rectorales d’un ton parfois franchement déplacé). En ne limitant pas l’obligation de respecter l’objectif des 30% de boursiers au recrutement mais en transférant aux lycées la responsabilité de cet objectif à toutes les étapes ultérieures de la procédure, on transforme de fait l’objectif de 30% en « quota » de 30%. Si c’est de cela dont il s’agit désormais, le ministère de l’Enseignement supérieur doit clairement le dire, cesser de méconnaître sa propre réglementation, de répandre la confusion et le soupçon, de placer les personnels de direction dans une position intenable et d’éluder ses responsabilités, notamment vis-à-vis d’autres voies de l'enseignement supérieur ou de l’enseignement privé. |
Ce blog reprend les "Lettres de Direction" susceptibles d'intéresser la communauté éducative
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lundi 7 juin 2010
30 % de boursiers en CPGE : oui à l'objectif, non à la méthode
mardi 12 janvier 2010
Fixer des objectifs d'accueil de boursiers à l'ensemble des formations supérieures est conforme à l'esprit républicain
La prise de position de la Conférence des grandes écoles contre l’extension de l’objectif de 30% de boursiers aux Grandes Ecoles suscite une vive controverse. Le SNPDEN, engagé depuis longtemps en faveur de la démocratisation de l’enseignement supérieur et, en particulier, des CPGE (notamment sous l’impulsion de Jean-Claude Lafay), a pris une position conforme aux mandats qu’il a développés depuis de nombreuses années et confirmés au congrès de Biarritz .
Quand l’Etat fixe comme objectif à toutes les formations supérieures d'accueillir une part de boursiers proche de la moyenne nationale, il assume pleinement son rôle de représentant de l’intérêt général et de régulateur (qu'on aimerait aussi le voir jouer pour la carte scolaire !).
L’objectif légitimement fixé aux classes préparatoires doit l'être pour toutes les autres formations, en particulier sélectives ou à capacités limitées, et quel que soit leur statut. C’est le cas des Grandes Ecoles mais aussi de l’Université (comme en masters ou en médecine), qu’il s’agisse de formations publiques ou privées.
Il ne s’agit pas de « quotas » (c’est-à-dire de favoriser artificiellement une population) mais de postuler que les élèves boursiers ont les mêmes capacités et ne sont pas moins méritants que les autres. Cette approche est conforme à l’esprit républicain. Déployée avec mesure, constance et cohérence, elle peut permettre une diversification des élites et une valorisation de talents plus variés ce dont notre pays a grand besoin.
L’objectif légitimement fixé aux classes préparatoires doit l'être pour toutes les autres formations, en particulier sélectives ou à capacités limitées, et quel que soit leur statut. C’est le cas des Grandes Ecoles mais aussi de l’Université (comme en masters ou en médecine), qu’il s’agisse de formations publiques ou privées.
Il ne s’agit pas de « quotas » (c’est-à-dire de favoriser artificiellement une population) mais de postuler que les élèves boursiers ont les mêmes capacités et ne sont pas moins méritants que les autres. Cette approche est conforme à l’esprit républicain. Déployée avec mesure, constance et cohérence, elle peut permettre une diversification des élites et une valorisation de talents plus variés ce dont notre pays a grand besoin.
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